06 novembre 2005
Dans le miroir du Temps
FIN ?
Dans le miroir du Temps, la chandelle de cette aventure semble éteinte pour l’éternité….
Mais il n’en est rien…..
Sa flamme s’est portée ailleurs, elle veille sur d’autres espaces intimes qui verront le jour quand Jaïs et Mila se rencontreront de nouveau pour partager leurs secrets et leur soif de création….
Nous avons existé ici et nous existerons ailleurs….
Vous nous trouverez comme vous avez trouvé Epistolia….
...COMMENCEMENT….
29 septembre 2005
Jaïs, coton...
Décidement, pas de chance, le Jaïs…. !!
Mon diabète n’est visiblement pas anti-choc et n’a pas apprécié d’être secoué….
Alors, malaises puis petit coma (encore un !) et 3 jours d’hosto… !
Et
me voilà de retour en espérant cette fois rester au fond de mon lit et
pas tuyauté de partout avec des trucs qui font « bip »…
Je suis épuisé, je dors tout le temps…
J’ai toujours mal partout et tout me paraît étrange, comme si je flottais au-dessus des choses…
Mon frère m’a montré des photos de ma bécane… ! J’ai l’impression qu’elle a été machouillée et recrachée par un monstre qui l’aurait prise pour un chewing-gum !
Il paraît que ma brûleuse de feux est passée plusieurs fois à l’hôpital me voir, pendant ma réa…
Mais quand on me l’a dit, je le savais déjà…. Comme une évidence….Je ne sais pas comment me l’expliquer…
Je sais depuis longtemps que c’est assez courant comme sensation chez un comateux, comme un sentiment de déjà-vu…
Je suis très touché que tu sois bouleversée ! Mais qu’aurais-tu pu faire ??
Et tu n’as pas à être désolée ? pourquoi le serais-tu ?
Et je te rappelle que tu n’as pas voulu qu’on échange nos numéros !!
« laisser faire le hasard », on disait…..
Alors maintenant, le veux-tu (en prévision du prochain accident, par exemple !) ?
Je me suis réveillé hier avec une folle envie de te voir, de te parler ! C’était impérieux ! je crois que je l’ai même dit à l’infirmière, dans un demi-sommeil…. Et j’ai entendu « c’est joli, Mila » juste avant de sombrer encore....
j'essaie de refaire le film du choc mais j'y arrive par bribes.... Je crois que je pensais à toi...
J'en suis même sur....
Je viens de me réveiller, chez moi cette fois, j’ai envie de te parler…. De t’écouter…. De….
27 septembre 2005
mila
Mais pourquoi n'avons-nous jamais échangé nos numéros de téléphone ?
Tu aurais pu m'appeler, me le dire, j'aurai pu venir, faire quelque chose, je ne sais pas !
Quand je pense que je suis passée relever mon courrier, sans penser à rien. J'aurai pu ne venir que dans 10 jours. Je me suis tant éloignée...
Comment vas-tu, là, maintenant ?
N'as-tu pas vu la voiture assez tôt pour pouvoir tourner ?
Je suis bouleversée.
Dis-moi où tu as mal, dis-moi si tu es chez toi, ce que tu fais, à quoi tu penses...
comme je suis désolée d'avoir été absente.
Maintenant je suis là.
Essaye de m'écrire pour me donner de tes nouvelles !
Je t'embrasse.
26 septembre 2005
Jaïs, au sol...
mila
Je n’ai pensé qu’à ton retour alors que je n’ai failli jamais te relire…..
Elle a grillé le feu, je n’ai rien vu venir….Il pleuvait un peu.
Juste eu le temps de voir qu’elle était blonde et que l’enfant à l’arrière me regardait fixement arriver comme une fusée…
Je suis passé par-dessus la voiture et ma chute fut si lourde….
Elle est sortie de sa voiture en hurlant, je sentais autour de moi un attroupement…
Elle
était penchée sur moi et je me souviens de l’avoir empêché mollement
d’enlever mon casque….Ses gestes étaient frénétiques, elle sanglotait
comme une perdue….
Une main a relevé ma visière. Ses larmes tombaient dans mes yeux. Elle me suppliait de ne pas mourir… J’étais assez d’accord….
J’avais l’impression d’être très loin… puis quelqu’un l’a enfin éloigné de moi… je continuais à l’entendre pleurer…
Avant de sombrer, ma dernière vision fut une licorne….
Mais pourquoi une licorne ?
Je n’ai pas eu le temps de répondre …
Je me suis réveillé mardi soir…. En pleine forme !
Aucune séquelle, pas de fractures mais j’ai mal dans tout le corps.
Juste le contre-coup du choc….
Je me traine comme un vieillard… ! Mais je ne voulais plus rester à l’hopital.
Etrange d’être hospitalisé là où on vient de faire une mission… !
J’ai un mal fou à organiser mes mots ! Ecrire est un mouvement douloureux !
Je repars dormir un peu….
Es-tu là ?
J’ai vu tes yeux briller dans mon inconscience….
C’était ma seule lueur dans le noir…..
Un baiser.
18 septembre 2005
Jaïs, avant l'aube
Quelques mots de toi et tout s’apaise….
Même si ces mots ont l’amertume d'un petit noir serré et la pauvre chaleur d’un soleil d’hiver, ils m’apaisent….
Je me contente de peu, un signe…un souffle… ta lueur dans le noir…
Je sais maintenant ce que tu peux donner et ce que je dois savoir recevoir….
Non, je n’étais pas loin, juste un peu en retrait, pour te laisser la place que je t’avais promise…
Je ne voulais pas avoir raison, mila….. mais je crois que tu as fait quelque chose d’essentiel, pour elle et pour toi.
Je sais combien ce moment a du être difficile mais je suis sur que, quelque part, peut-être loin en toi, un poids a disparu…. Mais tu ne le sais pas encore.
Je vis avec toi ce vide à remplir à tout prix, ces mots qu’on pense compris quand l’autre nous regarde avec des yeux ronds et humides, ces derniers gestes que l’on voudrait offrir et que l’on retient, de peur de tout relancer…. De peur de redonner un espoir, une seconde chance….. de peur de se dire et d’entendre « Allez, et si…. ».... Les lèvres qui tremblent dans l'attente du tout dernier instant....
Et tu vois, homme ou femme, c’est universel……
J’ai prononcé ces mots, j’ai eu ces attentions il n’y a pas si longtemps et ils me hantent encore….
Je ne me sens pas le droit d’en dire plus. Tout t’appartient.
Je n’en serais dépositaire que si tu le veux. Sans complexes, ni questions.
Tu parles de trou, je te répond espaces.
Tu parles de pourrissement, je te répond renaissance….
Et décidément, non, je ne crois pas en une mila qui se soit inventée à elle-même….
Je n’ai pas envie de savoir laquelle existe ou pas…
Juste envie de les accueillir toutes en moi…
Je pars panser d’autres plaies…..mais qui ne saignent pas en moi…
Seras-tu là à mon retour ?
15 septembre 2005
mila
Je suis là. Juste de passage. Je ne peux pas rester silencieuse mais je ne suis pas sûre de pouvoir apaiser ton inquiétude.
Je
ne pensais pas trouver un message d'ailleurs. Je croyais que tu étais
loin toi aussi.
J'ai tellement besoin de panser mes plaies.
J'ai souffert
physiquement au début de l'année. Mon dieu, comme la souffrance morale
est pire. J'en suis au point de me sentir absente de moi-même.
Je ne suis même plus le serpent, je suis la mue qu'il abandonne au détour d'un chemin.
Je suis égoïste. Pourtant, je ne l'ai jamais été avant. J'ai tout pris des autres, je les ai aspiré de toute leur substance sans rien leur donner en retour. Que ce soit mon mari, Bambi, toi... comme si j'étais dans une bulle et que je ne puisse plus rien offrir. J'ai tout mis dedans mais j'ai pourri avec.
Ces jours qui ont passé n'ont pas été faciles.
J'ai revu Bambi.
Tu avais raison, je ne pouvais pas la laisser ainsi.
Je
me sentais si sale d'avoir livré un morceau d'une de ses lettres,
d'avoir parlé d'elle en des termes si durs. C'est comme si je m'étais
mis une grande claque pour me permettre d'ouvrir les yeux sur ma vie en
me disant "mais regarde, regarde ce que tu fais..."
Oui, j'ai revu Bambi. A la terrasse d'un café.
Elle était déjà là
quand je suis arrivée. Ses cheveux comme ceux d'un petit enfant. On
dirait des petites plumes qui dansent tout le temps. J'ai posé ma main
sur son épaule. Elle a tourné la tête, s'est levée... je l'ai prise
dans mes bras et c'était trop dur. J'aurai voulu lui murmurer que ce
serait ainsi pour toujours, mais je savais que je venais pour lui dire
que c'était fini.
Nous nous sommes assises. J'ai gardé ses mains dans les miennes, tout le temps.
Elle n'a pas parlé, ou presque pas.
Mes lèvres ont remué, parfois
très vite des mots qui sont sortis comme des éclaboussures. Je l'ai
barbouillé de tristesse, d'absence, de regrets.
Ses yeux sont restés baissés. J'aurai tant voulu embrasser ses
paupières une dernière fois. Mais rien que l'idée que ce serait LA
dernière fois, j'en ai encore le vertige.
Nous avons gouté nos cafés
en grimaçant des mimiques. Etait-ce le café ou déjà le goût de
l'amertume... le début du silence. Le début d'une profonde solitude.
J'ai décidé de la laisser à cette terrasse de café. Nous n'avons plus jamais souri. C'était fini.
Je suis retournée dans mon trou. Il n'y a plus de colère, pas même contre moi. Il y a juste le souvenir qui me déchire, la raison que je crois perdre par moment, la douleur de ne plus prononcer son prénom et de la savoir près de moi.
Pourquoi je l'ai quittée ? J'aime encore me poser cette question
aujourd'hui parce que dans ma réponse, j'essaye de me persuader que
j'ai fait le bon choix.
Un choix de raison et non de coeur.
Il est absent depuis le début de cette histoire, mais j'ai un mari.
Que j'aime. Un amour vrai. Serein. Celui qui fait que l'on a moins peur
de vivre et de mourir.
Pourquoi je l'ai trompé ?
Si je
vais au fond de moi, je dirai que c'est parce que j'avais besoin de me
faire mal pour me sentir vivre plus fort. C'est dingue, je sais. Je
n'ai jamais douté de mes sentiments pour lui. C'est tellement... ma
raison me dit que c'est mal, que je l'ai sali. Mais je ne le vois pas
de cette façon.
C'est comme si ma relation avec Bambi était une autre
histoire dans une autre vie.
Je me suis inventée mila sur le haut d'un pont les cheveux au
vent. mila qui vit le tourbillon comme une follette inconsciente,
giflée de chimères, de mélodies dansantes. mila n'est peut-être pas
moi. Pas dans cette histoire en tout cas.
D'ailleurs, Bambi et mila ont-elles jamais existé ?
Je crois qu'il est temps. Je vais retourner dans mon trou en
attendant le jour. Si mes yeux brillent dans le noir, moi je ne le sais
pas. En tout cas pas encore. Il me reste encore quelques os à ronger et
ce ne sont pas les meilleurs.
Peut-être que demain je sortirai.
Peut-être...
14 septembre 2005
jaïs, inquiet
mila, sais-tu à quel point ton silence me fait mal??
Tu ne réponds plus à aucun message....
je ne sens même plus ton souffle autour de moi..
je t'en supplie, parle-moi....
Je ne peux pas rester sur tes derniers mots... Seule....loin de tout.... dans un trou....
Est-ce vraiment ce que tu voulais laisser en moi?
Je te jure que je ne pensais pas que tu aurais autant mal après qu'on ait parlé de cette lettre....
oublie ma place! oublies mes questions! mes emportements!
oublies ce que tu peux mais écris-moi!
tout est en suspens...
ce rêve que je voudrais te raconter....
Nos mots, même s'ils brûlent parfois d'avoir été mal dits...
Mon coeur même...
C'est à cette absence que je mesure combien ta présence me manque....Mais là, c'est insupportable...
Je n'arrive même pas à le dire!
S'il te plait
11 septembre 2005
Jaïs, entre deux eaux

Légère mélancolie de l'absence...
J'ai fait un rêve serein.... Je te lavais....
Plus qu'un jeu, une communion...
Des caresses d'eau, de chaleur et de parfums...
tout ce qui rend les mains encore plus soyeuses qu'elles ne le sont déjà lorsqu'elles partent à la découverte de l'Autre....
Je reviens....
06 septembre 2005
Jaïs, essouflé
Mila,
je vais enchainer un jour-nuit de 48 heures alors j'ai très peu de temps pour te répondre...
je crois que cette image un peu enfantine résume assez bien notre situation....
Et que ce jeu d'ombres et lumières est le nôtre à tour de rôle....
Et tu as trouvé ma question.... ma place.... et la tienne aussi....
je connais tes contraintes, tu connais mes désirs....
Nous ne sommes pas des démons, nous sommes chacun pris dans nos toiles, qu'elles soient d'Ariane ou bien abstraites....
Certains fils nous entravent, d'autres nous guident...
Offrons-nous une respiration....
Un baiser,
J.
mila 8:30
Je me sens usée ce matin. Une bouée ballotée par la mer.
Le monde
m'étouffe, les gens surtout. Je voudrais être seule et loin de tout.
Pas envie de parler, ni d'entendre et surtout pas envie d'aimer. Pas
envie de donner. Tout garder pour moi comme si j'étais une boîte et que
je puisse la verrouiller à volonté.
Aujourd'hui, si j'ouvrais la boîte, il n'y aurait que le petit souffle d'un instant perdu : un soupir.
Je voudrais pouvoir me cacher aussi. Creuser un trou dans la terre. Pas pour mourir, ça non ! Juste pour dormir sans lumière. Personne ne me poserait plus de question. Je n'aurai plus à répondre. Je serai sereine.
Je ne sais pas à quelle question je dois te répondre. Dans tes
derniers messages il y avait tant de points d'interrogation que j'ai
pris peur : comme des sonnettes qui retentissaient sans cesse dans mes
oreilles.
D'ailleurs, elles n'ont plus cessé de tinter depuis que je t'ai lu.
A quelle question dois-je te répondre ?
Ne serait-ce pas la seule à laquelle je ne peux pas te répondre ? Parce que je n'en sais rien.
Je
ne sais pas quelle est ta place, peut-être parce que je ne sais pas
laquelle te donner. Et puis aussi, tu ne sais pas non plus laquelle
prendre.
C'est un peu un tableau abstrait, sauf que pour l'instant,
on n'arrive même pas à assembler les couleurs. Nous n'avons ni l'idée
de sa forme, ni de son contenu, ni de rien. Je dirai que nous préparons
une palette...
Je t'écris et je crois que j'ai tort.
Peut-être qu'il faudrait que le temps passe un peu avant que je revienne.
Je ne suis pas l'insecte qui tisse sa toile pour capturer les autres et les dévorer. J'ai tellement l'impression que tu me vois comme le mal...
mila
04 septembre 2005
jaïs, sucrette
tu avais oublié que je suis diabétique et comme tous les diabétiques, je dois éviter les choses trop sucrées....
Et là, ton adorable baiser me semble un peu trop riche en glucides!!
Alors permets-moi d'aciduler un peu mes dragées en te rappelant qu'au moins une de mes questions mérite une petite réponse de ta part....
Vois-tu laquelle?
Je t'embrasse fort,
J.
03 septembre 2005
12:00
A douceur, douceur et demi.....
En croquera-t-on ensemble bientôt?
Comme des petits bouts de coeur....
11:27
Pour l'instant, je ne te dirai que ça : je t'envoie ce baiser avec le petit bout de mon coeur.
10:51
mila, expliques-moi comment on fait un procès à celle qu’on aime ?
Oui, à celle que j’aime….
Excuses-moi d’avoir été un peu dur cette nuit mais rien de ce qui te touche ne peut me laisser indifférent…
Il y a plusieurs manières de panser ses blessures….dixit le petit infirmier que je suis…
Les lécher seul dans son coin en montrant les dents dès que quelqu’un approche ou accepter que le pansement pique un peu avant de délivrer ses bienfaits….
Qu’est-ce que mila choisit ?
Moi, je choisis humblement d’être le pansement qui pique un peu la peau de mon aimée et non le spectateur muet ou tiède de ta souffrance et de tes peines….
Oui, mila, tu as été maladroite hier….mais si touchante dans ton désarroi….
Regardes au fond de toi… tu sais très bien que ce n’est pas un bâton qui te frappe mais ma main qui se tend vers toi.
Relis bien ce que j’ai écrit…. Recule-toi un peu…. Et tu verras le sens de mes mots… tu verras que c’est d’abord avec toi que tu es dure….
Et je ne t’accuse de rien ! surtout pas de notre rencontre ! ou bien, je me suis mal exprimé !
Tu n’es pas à terre, tu es debout, ta tête sur mon épaule….
A toi
mila
Je ne m'attendais pas à cela ce matin en me levant.
J'ai relu mon
post d'hier, effectivement, je suis un peu dure, un peu... perdue.
Peut-être que maintenant c'est moi qui aimerait tout effacer. Que rien
n'ait existé. Rien. Pas elle. Pas toi.
Je ne vous ai pas fait entrer dans ma vie pour que l'un pleure à ma porte et l'autre me fasse un procès.
Oui, j'ai des blessures, certaines sont restées béantes et je ne
peux pas les soigner. Cela fait depuis si longtemps que ce sont des
plaies froides, juste profondément entaillées dans la chair.
Comment peux-tu me malmener ainsi ? Tu me secoues tellement fort que j'en ai la tête qui va exploser.
Tu m'accuses d'être à l'origine de notre rencontre, mais je ne suis pas un poison !
On a parlé de chemins, de s'écouter, de se comprendre... j'ai donc été si maladroite avec toi ?
Je ne me défends de rien Jaïs. Je fais ce que je peux pour me protéger. Mais c'est inutile, oui bien inutile.
On appelle ça un retour de baton.
Je regrette que ce soit toi qui l'ait pris pour me frapper.
mila, à terre.
jaïs, long...
mila,
Je suis peut-être amoureux de toi mais je ne suis pas stupide à manger du foin….
Donc je te remercie de ne pas me retourner les questions que tu devrais te poser à toi-même….
J’ai conscience que je connais très peu de choses de toi et ton être intérieur mais là, mine de rien, tu m’en dis déjà beaucoup….
Et ce que je vais t ‘écrire ne va peut-être pas te plaire mais tant pis… je n’ai pas envie de te ménager. Sans juger mais sans te laisser divaguer non plus….
Tu as compris que je ne juge rien ni personne et que je sais pertinemment que tu as du énormément souffrir de tes amours féminines, du regard que l’on pouvait porter sur toi, des humiliations que tu as du subir quand tu voulais te confier…. J’en suis convaincu et convaincu aussi que rien n’a du plus te meurtrir que ça….
D’autant que je suis persuadé que tu n’as jamais vraiment pu en parler à personne et que ce poids doit être énorme…
Ce que je veux savoir à propos de Bambi ? rien que tu n’aies envie de me dire….
Ca fait maintenant presque 4 mois que tu tournes autour du pot, que tu ouvres une porte pour aussitôt la refermer….et t’étonner candidement que je pose des questions… !
Je me permets de te rappeler qu’elle est l’origine de notre rencontre !
Je me permets de te rappeler aussi qu’aimer quelqu’un, c’est savoir qui il est et ce qu’il a été, accueillir ses tourments et ses doutes….. Donc poser des questions !
Tu me parles de Bambi tous les 5 messages pour aussitôt jouer les vierges effarouchées d’en avoir parlé !
Ton premier message de retour de vacances ne parle de nous ou de ta famille mais de Bambi et pas pour n’importe quoi !
Alors, je sens que je dois te laisser de l’espace, un espace de parole et de respect et toi, tu me jettes ces questions….
C’est limite insultant, mila…
Je sais depuis le début que tu as une relation sensuelle avec cette femme….
Tu me dis qu’il n’a jamais été question de sentiments avec elle mais tu as lu les mots que tu emploies pour en parler ?!
Tu en parles encore comme d’une panthère, dans tout ce qu’elle peut avoir de sauvage et de sensuel…. Un animal qui aimante avec ses yeux, ses ondulements, qui aime l’ombre, qui chasse pour le sport….
Ce sont tes mots, pas les miens… !
Qui ne tomberait pas amoureux ou à tout le moins ne serait pas extraordinairement troublé avec de telles paroles, sans parler des actes !
Que ça soit homme ou femme, tu appelles à cela et tu le sais… Tu passes peut-être ton temps à le combattre mais tu appelles aux sentiments les plus fous, au trouble le plus fort….
Ton corps appelle les mains et tes yeux la noyade….
Tu peux toujours t’en défendre mais c’est comme ça et tu le sais très bien…
Tu ne comprends peut-être pas à quel moment ça a dérapé mais ne me dis pas que tu n’as pas tout fait pour que ça dérape ! Sensuellement, un geste après l’autre, une confidence suivant une autre, inconsciemment ou parfois très consciemment…. Mais tu le sais bien au fond de toi….
Je ne connais pas la situation qui a mené à tout ça mais à quelle femme dit-on qu’elle a des yeux de biche… ? A quelle femme s’adresse-t-on en parlant de sa bouche….de son parfum… de son….?
Et quand on le dit avec du feu plein la bouche, a quoi doit-on s’attendre quand l’autre y est réceptif et qu’on le sait.. ?!
Et toi, tu me parles de cotoiement…. ? Je dirais plutot que vous vous êtes doucement percutées….
mila, tu as joué avec le feu et tu t’étonnes que ça brûle !
Tu t’es mentie, tu lui as menti et tu es surprise de voir la vérité nue !
Ne me dis pas que tu n’es pas cruelle ! Bien sur que tu l’es !
Tu es cruelle parce que tu es déçue… Tu es cruelle parce que tu es prisonnière aussi… !
Tu ne peux rien balayer d’un revers de la main, comme ça… détourner le regard et dire que ça n’existe plus….
Tout ton message me dit combien tu dois souffrir de tes propres contradictions… Mais le problème, c’est que tu n’es pas la seule à souffrir…. Et je crois que ça te fait peur…
Car mépriser n’est pas et ne sera jamais maitriser…
Tu n’aurais jamais du me montrer cette lettre parmi d’autres ….
Moi, j’y vois la souffrance désespérée d’une louve aux abois et toi, tu n’y vois qu’une preuve définitive de faiblesse chez quelqu’un qui n’aurait jamais du être faible à tes yeux….
En faisant ça, j'ai l'impression que tu me jettes Bambi en pature, pour que je la dépèces avec toi....
Je refuse... je préfère essayer de vous comprendre...
On ne se présente pas à toi un genou à terre, que ça soit pour t’offrir des roses et encore moins pour t’implorer !
Merci mille fois de me l’avoir fait comprendre….
Le « pitoyable » est en trop… il est violent et je le trouve déplacé….
Fais attention qu’il ne reflète rien de toi…..
Tu me demandes quelle importance Bambi aurait pour moi ??? Mais quelle importance veux-tu qu’elle aie ? Je ne la connais pas !
Elle n’a que l’importance que tu lui donnes toi… et visiblement, tu n’en as pas encore mesuré l’étendue….
Alors j’espère juste que mes mots t’aideront à l’entrevoir….et à mieux appréhender la situation que tu as toi-même crée….
Sois encore plus honnête que tu ne le dis…..
Ah oui ! en parlant d’importance…. Celle de ma place ?
Voilà. Peut-être ma franchise te blessera-t-elle et je n’aime pas ce que j’écrit ce soir…
Mais tu ne peux me demander de fermer les yeux et d’être égoïste…
Si tu n’as pas envie de répondre, je le comprendrais….
Mais sache juste que contrairement à ce que tu pourrais penser, mon regard sur toi ne change pas…
J’arrête là pour ce soir…. Ou plutot pour cette nuit….
que je te souhaite douce néanmoins...
02 septembre 2005
mila
Mais que veux-tu donc savoir ?
Pourquoi attaches-tu donc tant d'importance à Bambi ?
Je ne comprends pas. Elle ne représente rien pour moi. En tout cas plus rien.
Depuis mon retour, les lettres ne cessent de pleuvoir. Elles sont toutes identiques ou presque. Je me suis même déjà lassée de les lire !
Elle gémit. Comment peut-elle. Elle qui est si fière, qui marche la
tête haute dans la rue... comme elle est belle quand elle marche. On
dirait, comme une reine qui ne pose son regard sur rien ni personne.
Elle va.
Elle est brune avec des petits cheveux très courts. Je lui
disais que ses yeux étaient comme ceux d'une biche. Que c'est banal !
D'ailleurs, elle s'en fichait. C'est l'impression qu'elle donnait.
Je ne comprends pas à quel moment tout a dérapé.
Il n'a jamais
été question de sentiments. J'aimais sa bouche, son nez, son cou, son
parfum... ses pieds... son... et c'est tout.
J'aimais cette
manière que nous avions de nous cotoyer, parfois chaleureusement ! Je
ne lui ai jamais laissé le moindre espoir de gagner ne serait ce qu'un
millimètre d'espace dans ma vie. Je ne me sens pas cruelle parce
que j'ai toujours été honnête et droite.
Voilà que maintenant, elle se vautre. Elle rampe à mes pieds et je
ne supporte pas de l'imaginer ainsi. Je la veux fière et la voir plier
quand je l'embrasse et que le feu sort de ma bouche...
Regarde ce qu'elle m'envoie... c'est pitoyable.
etc, etc... A partir de demain, je lui renverrai chacune de ses lettres.
01 septembre 2005
Jaïs, images
Toutes ces couleurs en toi…..!!
Toutes ces nuances que tu retiens et que tu laches par petites touches….
Et moi qui voulais te proposer des crayons….. !
Lorsque j’ai vu ce cadre, je me suis dit que c’était une belle invitation pour Mila….Je ne pensais pas que cette image t’évoquerait un tel arc-en-ciel d’émotions !
Mais tout ce que je vois me parait tellement plus coloré depuis notre rencontre!
Partout où je suis, tu n’es pas là…
Partout où je vais, je t’attends….
Dans tout ce que je dis, ton nom n’est pas loin….
Et tu me demandes si tu me manques…. ?
Tu as d’autres questions comme celle-là ?
Chaque terrasse à laquelle je m’assois me rappelle ces toutes premières photos…. Et toutes celles qui ont suivi….
Ces profils que tu as l’air d’aimer tant, ta concentration légèrement boudeuse, ces lèvres que je ne cesse de gouter en rêve….. Ce rose si particulier qui les habille…. je savais que je boirais tes paroles mais encore plus, la bouche qui les fait vivre....
Je ris tout seul de te voir marcher devant moi, je te sens dans mon dos quand je m’arrête pour une photo…. Ton air un peu pressé, être là et ne plus y être l’instant d’après.
Et les ombres qui passent dans tes yeux….
Je ne te l’ai pas montré mais sur une image, j’ai l’impression d’avoir capté tes fantômes au milieu de la foule qui nous entourait…
Tu sais, je n’ai pas peur des fantômes….même quand ils ont le galbe et la grâce d’une femme…
Alors oui, j’ai habillé mes murs de toi, sans fébrilité, juste le cœur qui bat un peu plus fort de croiser ton regard de papier, de savoir que je t’ai approché et que je t’approcherais encore et encore, de rêver qu’un jour, mes mains se tendront vers toi sans que tu les retiennes….car tout m’appelle en toi….
Quel sera notre prochain rendez-vous ? Où irons-nous ? Avons-nous envie de le savoir…. ?
De quelles couleurs peindrons-nous ces moments…… ?
Je ne sais pas où je vais avec toi. Je sais juste que je ne te suivrais pas aveuglement. Je sais juste que nos pas se répondront…
Je sais juste que j'ai confiance.... même si je suis malheureux de l'exprimer si pauvrement...
Maintenant, saches qu’il y a une ombre entre toi et moi…. Et cette ombre a un charmant prénom….
Et cette ombre, tu ne peux pas indéfiniment la projeter devant moi sans y mettre un peu de lumière….
Tu ne peux pas faire comme si elle n’existait pas…..
Si tu ne mets pas des mots sur elle, tu n'en mettras pas sur moi avant longtemps....
A moins que tu ne veuilles devenir ombre toi-même….
Mais je ne serais pas sûr alors d’avoir la force d’être ta lumière….
Douce nuit,
Jais
31 août 2005
mila
Je connais cette image. Je l'ai déjà vue. Plein de fois.
La pluie a coulé, petites gouttes fraîches qui pliquent et ploquent sur le métal de la table. Je sens l'odeur de la rouille et de la poussière que le vent n'a plus emporté depuis des jours à cause de la chaleur.
Si le soleil a caressé cette table, il n'en reste qu'une cloque étirée en forme d'oiseau, les oiseaux des dessins des enfants dans le ciel, ceux qui disent "c'est la liberté que je vois".
Il y a une chaise poussée sous la table. Et deux, et trois. Celle dont on ne voit qu'un morceau devant, c'est la mienne, et ce n'est QUE parce que c'est une photo qu'elle est rouge. Dans la réalité, elle est comme les autres : grise en plastique. Mais Jaïs a pris la photo et la couleur est apparue comme une tache dans le coin de la feuille.
Serait-ce une façon de dire que je te manque ?
Moi je verrai dans cette photo plus qu'une invitation, mais un message : dans le petit froid du matin il manque quelqu'un pour réchauffer tes couleurs. Malheureusement, ma chaise a beau être si rouge que le sang de la vie pourrait en pâlir de jalousie, pas même ce morceau de rubis ne colore ce décor glacial. Peut-être que si je viens m'y asseoir nous aurons l'illusion d'avoir animé cette scène... quelques heures dans des regards et des sourires complices.
Mais je suis d'accord, de cette illusion nous ferons une réalité. Nous commanderons des cafés et nous fumerons des cigarettes. Tu me prendras en photo bien que je dise "non, non" ! Peut-être que tu as l'impression que je vais disparaitre quand je serai partie. Nous accrocherons des images aux murs de nos maisons en ayant un sourire plein de joie. Oui la joie Jaïs, voilà ce qui m'anime à l'idée de te revoir. Et ma joie est telle que tu verras ton image rougeoyer du mélange incessant des mots, des gestes, des rires, mes yeux riront encore et encore.
Tu reviendras et tu referas cette même photo après notre rencontre.
Quelle sera ta surprise de constater que c'est ma chaise que sera devenue bleue, et le souvenir rendra sa couleur au reste du décor...
mila










